Patrimoine : le viaduc du Viaur vise l’Unesco

Ouvrage d’art emblématique du patrimoine industriel français construit en 1902 par Paul Bodin, le viaduc du Viaur pourrait bientôt être inscrit au patrimoine mondial de l’Unesco. © Office du tourisme du Pays Ségali – Patrice Geniez. 

Le viaduc du Viaur sera-t-il le prochain ouvrage d’Occitanie inscrit au patrimoine mondial de l’Unesco ? C’est en tout cas l’objectif que se sont fixé les Communautés de communes Carmausin-Ségala et Pays Ségali, dans l’Aveyron, en proposant leur candidature au classement des ponts métalliques à grande arche construits à la fin du XIXesiècle. Ce projet de classement au patrimoine mondial de l’Unesco est commun à cinq autres ponts métalliques européens. En France également, le viaduc de Garabit, dans le Cantal. En Allemagne, le viaduc de Müngsten, à Soligen. En Italie, le viaduc San Michele, à Paderno d’Adda. Et au Portugal, les viaducs Maria Pia et Dom Luis, respectivement à Porto et à Vila Nova de Gaia. 

Une prouesse architecturale signée Paul Bodin

Dentelle de fer accrochée à 116 mètres de hauteur, le viaduc du Viaur est un ouvrage d’art ferroviaire qui relie le Tarn et l’Aveyron. Il enjambe la profonde vallée du Viaur entre Albi et Rodez depuis 1902, date de la fin de sa construction. Conçu par l’Albigeois Paul Bodin, ingénieur de la société des Batignolles, son architecture est de fait unique.

Elévation du viaduc du Viaur, Kansei TV

Sa structure dite à arcs équilibrés est en effet à l’époque une technique révolutionnaire. Elle consiste à ériger des arches qui se rejoignent au centre, articulées par une clé. Cette technique permet ainsi la libre déformation de l’arc central sous l’influence des charges supportées lors des passages de trains, des variations de températures et du vent. Long de 460 m, avec un arc central de 220 m d’envergure, la construction du viaduc du Viaur a nécessité́ 3 800 tonnes d’acier, un million de rivets forgés sur place et posés à la main, et 4 000 m3 de maçonnerie. Les travaux ont duré sept ans. 

Classé monument historique depuis décembre 2021

Remarquable par son audace technologique et son esthétisme, le viaduc du Viaur, inscrit au titre des monuments historiques depuis 1984, a été officiellement classé en décembre 2021. Ce géant d’acier avait fait l’objet d’une rénovation et d’une remise en peinture de 2014 à 2017. Il faudra encore beaucoup d’énergie et certainement plusieurs années de patience pour espérer le voir un jour inscrit au patrimoine mondial de l’Unesco. 

Sur le même sujet : redécouvrez ICI les huit sites d’Occitanie inscrits au patrimoine mondial de l’Unesco. 

Le Prix national de la construction bois 2021 dévoilé

Comme chaque année, le concours du Prix national de la construction bois 2021 est ouvert aux architectes, maîtres d’œuvre, constructeurs et maîtres d’ouvrage « désirant proposer une ou plusieurs de leurs réalisations révélant le potentiel du matériau bois dans la construction, la rénovation ou la réhabilitation ». Pour cette 10e édition, plus de 640 projets ont été déposés. Une participation qui ne fait que confirmer l’attrait pour la filière bois dans la construction architecturale contemporaine. 

Composé de professionnels de la promotion, de l’expertise et de la construction bois, le jury a été cette année encore particulièrement attentif non seulement à l’utilisation des matériaux biosourcés mais aussi à la performance énergétique et environnementale des bâtiments en compétition. « Avec la finalisation de la RE 2020, tous les acteurs de la construction et de l’aménagement sont confrontés à un enjeu majeur : concevoir et démontrer la viabilité de bâtiments et aménagements publics et privés de plus en plus vertueux. »

Cinq prix décernés

Lauréat catégorie Aménagement intérieur ou extérieur 

Bazaar Saint-So – Lille (59) 

Béal & Blanckaert Architectes

L’agence lilloise d’Antoine Béal et de Ludovic Blanckaert remporte le premier prix de la catégorie Aménagement intérieur ou extérieur avec leur projet Bazaar Saint-So. Une ancienne Halle de gare réhabilitée en espace de tiers-lieu dédié à l’économie créative. Contemporain dans son programme et son architecture, le Bazaar Saint-So respecte et révèle l’esprit industriel du lieu, magnifié par l’ajout d’une architecture rapportée chaleureuse en utilisant largement le bois. Omniprésent dans le projet, le bois est ainsi utilisé pour les menuiseries extérieures et pour les aménagements intérieurs de second œuvre (planchers, mezzanines, doublages et cloisons) mais aussi pour le mobiler. 

Lauréat ex-æquo catégorie Équipement / Tertiaire / Logement collectif

14 logements sociaux en cœur d’îlot – Paris (75)

Mars Architectes

L’ambition du projet de l’agence parisienne Mars Architectes est d’imaginer une stratégie d’intervention vertueuse, basée sur la préfabrication bois, permettant d’atteindre des zones urbaines jugées inconstructibles. Enclavé en cœur d’îlot, dans le XIIe arrondissement de Paris, le projet accorde un grand soin au « rentrer chez soi ». Desservis par coursives, cette stratégie de distribution permet aux appartements d’offrir un plan traversant permettant un ventilation naturelle simple. Orientés est/ouest, les appartements valorisent l’éclairage naturel. La notion de bien-être en cœur d’îlot est favorisée par la création d’un jardin peuplé d’espèces endémiques s’inspirant de sous-bois.

Le projet répond à une grande exigence de l’approche environnementale. Il est labélisé HQE NF Habitat au niveau excellent, Biosourcé niveau 3, Biodiver-city et Plan climat de la ville de Paris. 

Lauréat ex-æquo catégorie Équipement / Tertiaire / Logement collectif

Atelier Charpentier et Bureaux – Requeil (72)

Atelier Nao. 

Les seconds lauréats de la catégorie Équipement / Tertiaire / Logement collectif sont l’Atelier Nao (Grenoble) pour la réalisation d’un ensemble d’ateliers charpentiers et de bureaux à Requeil, dans la Sarthe. Le bâtiment a été construit à partir de bois massif permettant la réalisation de grandes portées (21 et 28 m), de fibre de bois, d’ouate de cellulose et de billes d’argile. Des choix constructifs qui ont valu au projet l’obtention du label Bâtiment bas carbone, niveau performance. La structure imaginée par modules facilite l’éclairage naturel, d’un côté par les façades nord et sud, mais aussi par les sheds orientés au nord. 

Lauréat catégorie Maison individuelle

Maison Erquy – Erquy (22)

Bodenez et Le Gal La Salle Architectes

La maison individuelle lauréate du Prix national de la construction bois 2021 est signée par l’agence rennaise Bodenez et Le Gal La Salle Architectes. Il s’agit de l’extension d’un pavillon de vacances situé en bord de mer face au Cap d’Erquy, dans les Côtes d’Armor. Le projet crée un doublon : une maison jumelle reliée. Dupliquant la maison existante sous le simple couvert d’un plissé de toiture, l’extension proposée fait corps avec la maison initiale. La nouvelle maison est installée de plain-pied avec l’ancienne, profitant de la pente du terrain pour installer en dessous un grand espace garage et stockage. Les matériaux de construction sont principalement le bois et le pisé. L’ensemble est bardé en châtaigner naturel à claire voie formant une maison unique.

Lauréat Coup de cœur du jury

Construction d’une halle et aménagement du parc touristique et de loisirs des Fenottes – Ancy-sur-Moselle (57)

Christophe Aubertin (collectif StudioLada)

Le coup de cœur du jury du Prix national de la construction bois 2021 a été décerné à Christophe Aubertin (Nancy) pour la construction d’une halle et de l’aménagement du parc touristique et de loisirs des Fenottes, en Moselle. Le bâtiment est composé de neuf travées de 4 m qui reposent sur vingt massifs en béton d’une profondeur d’1,50 m. L’espace dédié aux activités culturelles, sportives et commerciales s’étend sur 800 m2 de structure en douglas lamellé-collé. Le sol est une grande dalle de béton lisse, permettant la polyvalence des activités de la halle. 

Le Prix national de la construction bois 2020 a rendu son verdict

Comme chaque année, le concours du Prix national de la construction bois est ouvert aux architectes, maîtres d’œuvre, constructeurs et maîtres d’ouvrage « désirant proposer une ou plusieurs de leurs réalisations révélant le potentiel du matériau bois dans la construction, la rénovation ou la réhabilitation ». Pour cette 9eédition, plus de sept cent vingt projets ont été déposés. Un record de participation (en hausse de 20 % par rapport à l’année dernière) qui ne fait que confirmer l’attrait pour la filière bois dans la construction architecturale contemporaine.

Composé de vingt-deux professionnels de la promotion, de l’expertise et de la construction bois, le jury a été cette année particulièrement attentif non seulement à l’utilisation des matériaux biosourcés mais aussi à la performance énergétique et environnementale des bâtiments en compétition. « Avec la finalisation de la RE 2020, tous les acteurs de la construction et de l’aménagement sont confrontés à un enjeu majeur : concevoir et démontrer la viabilité de bâtiments et aménagements publics et privés de plus en plus vertueux. »

Huit 1er Prix décernés

 

1er Prix Habiter ensemble

1er prix Habiter ensemble Prix national de la construction bois, Kansei TV

© Cécile Septet / Koz Architectes / ASP Architecture.

Sensations – Strasbourg (67)

Koz Architectes / ASP Architecture

Particulièrement novateur, le programme immobilier Sensations de Bouygues Immobilier a décroché le plus haut niveau du label Bâtiment Bas Carbone (BBCA) en décembre 2019. Il accueille plus de cent quarante logements dans trois immeubles, dont l’un s’élève à trente-huit mètres de haut. Ce qui en fait « la plus haute tour de France en logements 100 % bois ». L’obtention de ce label s’explique notamment par le recours à des matériaux naturels et biosourcés, et par les performances énergétiques exemplaires des logements.

 

1er Prix Habiter une maison

Maison Mouvaux – Mouvaux (59)

Tank Architectes

1er prix habiter une maison prix national de la construction bois, Kansei TV

© Julien Lanoo.

La maison lauréate de cette catégorie a été récompensée pour ses qualités architecturales, ses formes géométriques contemporaines et sa luminosité. S’intégrant parfaitement dans son environnement, le toit est une coque de bois creusée et percée ponctuellement pour venir chercher le soleil, les vues sur le jardin, les arbres et leurs cimes.

 

1er Prix Réhabiliter un équipement

Little Atlantique Brewery (LAB) – Nantes (44)

Christophe Theilmann / Arthur Barbara

1er prix Réhabiliter un équipement Prix national de la construction bois 2020, Kansei TV

© David Gallard.

Le Little Atlantique Brewery (LAB) est un projet de réhabilitation d’une ancienne huilerie datant de 1856. Le bâtiment abrite aujourd’hui une halle de brassage de bières, un pub et une salle événementielle. Le principal défi de cette reconversion a consisté à créer des ouvertures. Pour y répondre, une extension en charpente bois visible et intégralement vitrée ainsi qu’une porte vitrée coulissante monumentale permettant d’ouvrir la moitié de la façade ont été créées. Le style industriel alliant bois massif, béton, acier et verre a particulièrement été apprécié.

 

1er Prix Réhabiliter un logement, prix national de la construction bois 2020, Kansei TV

© Per Rasmusson Architecte.

1er Prix Réhabiliter un logement

La Cour sur Blangy – Blangy-le-Château (14)

Per Rasmusson Architecte

Ce projet présente la rénovation et l’extension d’une ancienne grange normande à colombages transformée en maison à la fois résolument moderne et respectueuse de son environnement. Cette maison bioclimatique conçue en matériaux recyclés et biosourcés a été félicitée pour le respect du bâtiment d’origine.

 

1er Prix Apprendre – Se divertir

École maternelle Vincent Auriol – Paris (75013)

LA Architectures / Atelier Corentin Desmichelles

© Charly Broyez.

Construite en bois, brique et paille, l’école maternelle Vincent Auriol à Paris a été labellisée Passiv Haus, bio et géo-sourcée. Elle met en œuvre de l’épicéa originaire de France et d’Europe, et du mélèze pour le revêtement extérieur. Le jury a particulièrement apprécié la qualité architecturale du projet.

 

1er Prix Travailler – Accueillir

Domaine de l’Hortus – Cave viti-vinicole – Valflaunes (34)

Michèle Orliac / Miquel Batlle

© Michèle Orliac.

Le domaine de l’Hortus est un vignoble niché au cœur du Pic Saint Loup. Sa cave viti-vinicole a entre autres été récompensée pour son insertion paysagère. Ce bâtiment industriel prend la forme d’une série de longères conçues en bois locaux qui s’immiscent entre les bandes boisées. Une architecture caméléon qui a su prendre la couleur du paysage.

 

 

1er Prix Aménager – Extérieur

Auvent de l’école du village d’Évisa (20)

Orma Architettura

© David Giancatarina et Julien Kerdraon.

L’auvent de l’école du village corse d’Évisa a été façonné en bois de châtaignier et pins Laricio, très présents dans les forêts avoisinantes. Imaginé comme une masse homogène, il vient se poser sur des poteaux aux allures de troncs. Le jury a notamment été séduit par l’intégration paysagère et la complémentarité des matériaux pierre/bois.

 

1er Prix Aménager – Intérieur

Au cœur du bois – Rennes (35)

Atelier MOS

© Jérome Bachet.

Un projet de bureaux récompensé dans la catégorie Aménagement intérieur pour ses choix esthétiques, fonctionnels et pratiques. Aménagé avec du châtaignier, du chêne, de l’épicéa et du peuplier provenant de Bretagne ou des Pays-de-la-Loire, Au cœur du bois a également été salué pour ses performances acoustiques qui offrent aux salariés sérénité et bien-être au travail.

 

 

Un concours organisé par France Bois Régions, avec le soutien financier du Codifab, de France Bois Forêt, du VIA et de PEFC France.

 

 

Réalisé par : La Collab